La griffe

La griffe



















































image: bigstudiosky


________Au ruban de lettres qui défilaient jadis, audacieux, provocant, plein de fougue et d'envie, j'ai suspendu mon corps, dégagé, délesté. Vertige délicieux dans l'instantané d'un polaroïd, et nos reins qui balancent. Deux ombres dans la nuit, aux baisers de lumières, tu étais adossé contre un vieux réverbère. Au loin nos talons claquent, plus près nos peaux se griffent mais nos c½urs se heurtent à des écrans convexes.
________Utopia, utopia, vois tes lettres acerbes voler à travers siècle. La milice aux miscibles a déserter matin ; j'ai coupé mes cheveux. On n'envoie plus de mots, mais on s'envoie en l'air.
Et tandis que la glace se clive sous le pas des passants, là sous le réverbère, je n'ai plus que mes gants. De tes grands yeux noirs, tu joue l'indifférent, j'envie ta cigarette, et je brûle doucement. Je suis nue dans ton verre, et tu me bois sans fin, tu me laisse m'étendre et je suis ta liqueur, ton alcool à bruler, ton spiritueux.
A mis-mots, en lieu-clos, tes vocables s'attisent, pour se faire mes amants. De ma plume aiguisée à qui le souffle manque je refais tes contours et je rêve tout bas. Te faire l'amour juste au creux de l'oreille, et t'avaler enfin comme une affamée, comme une sauvageonne te dévorer. Déchirer le ruban, et violer la pudeur, savourer l'infini de la chute en hurlant à la lune, comme un loup qui gémit dans la boule opaline. Je te veux tigre, je te veux tendre, je te veux sans attendre.
________Deux flammes de bougie qui s'agitent, bercées par des soupirs. Allez viens, déchire la page, et écris dans mes draps, griffe au creux de mes reins. Sur le bout de la langue, et sur le bout des doigts, retiens-moi encore.
Je ne veux plus, rien, je n'attends plus rien que le silence enfin, au milieu de ce vacarme qui souffle à mes oreilles.
Le silence de nos mots pour le bruit de nos peaux.





( . . . )
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# Posté le lundi 08 février 2010 16:41

Modifié le mardi 09 février 2010 15:45

M.Solo

M.Solo
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# Posté le lundi 11 janvier 2010 16:35

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Te l'entendre dire.
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# Posté le jeudi 07 janvier 2010 15:59

L'essence

L'essence






















Je suis un déserteur . . .





# Posté le samedi 28 novembre 2009 09:15

......" Tes désirs font désordre"......

......" Tes désirs font désordre"......
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# Posté le vendredi 23 octobre 2009 16:37

Modifié le vendredi 13 novembre 2009 16:01

Warning

Warning
________Nue, je suis nue. Nue sur l'autoroute, le vent des bolides rutilants gifle ma peau. La chair suinte, chaque accélération pilonne une plaie immense et béante sur mes jambes disloquées.
Et je marche sans fin au long de la bande d'arrêt d'urgence. Tout défile à une vitesse effrénée, tout défile comme un grand ruban que l'on déroulerait du haut d'un gratte-ciel. Comme un missile dans sa rampe de lancement.
________Octobre et je suis nue, le matin, la nuit, et tu veux savoir si je tremble ?
Je traine ma carcasse, entre les autos, tu te demandes si j'ai peur ?
Pourtant je n'ai jamais été si sûre de moi. Loin l'inquiétude, j'ai tout décousu, recousu cent fois, sans foi ni loi, je suis une plaie sur patte, et je n'ai pas peur. Je n'ai jamais été si convaincue de tout, et ne t'en déplaise cette fois-ci c'est moi qui aurait l'audace d'être bien certaine d'avoir la vérité.

________Roule plus vite, ami, roule, déchire, je suis très déchirable, ce soir je suis la preuve vivante que tu te trompes sur toute la longueur.
Fonce et viens goûter le vertige, viens, ose !
Apprends-moi le vertige, viens, viens !
Je marche sur les rails, je frôle nos petites morts, je les frôle encore.
Et je suis nue, nue sur ton autoroute, et tes mots me fustigent, et je vais au delà de vents contraires pour te dire, tout n'est pas si compliqué. Je déglutis devant tes yeux qui tremblent comme deux phares au bout de l'allée. Allez dis, dis que tu me l'apprendras, ta paroi, tes pizzerias sur les aires de repos.

________Tu es le démon de mes nuits, les warnings de ma carcasse, et même... Et même si tu m'agaces, si je perds souvent ta trace, j'adore qui tu es sans le savoir. Celui là même qui susurrait « ne pars pas ou je meurs ». Tu m'as donné mes plus beaux accidents, mes plus belles traversées, mes échappée-belle. A coup de cric, je change tes cracks pour un nouveau voyage.
Je fume ta cigarette, nue sur le bord de l'allée, je fume ta dernière cigarette, sans tousser, sans broncher, je salue les badauds. Je suis toute nue devant ma porte, tu m'embrasses comme un petit moineau blessé.
Je picore un gâteau sec, il est minuit enfin, le carrosse, se transforme en citrouille ; si tu crois que j'ai la trouille.




________Le brouillard, se lève, j'ai un peu la migraine, comme après ces soirées où j'enquille sans compter. Ces nuits que tu ignores. J'ai un peu la migraine, le brouillard se lève, mon collant se file. Je bois trop de café, j'ai mal au ventre. J'ai revu Lila, il parait que je n'ai jamais paru si belle. Vois dans la diagonale du vide ce que tu as fait de moi.
Je suis belle au dehors, céruléenne à l'intérieure, et quand tu te serres contre mon corps, là après la tempête, ça fait comme une aquarelle de polychrome. J'ai le c½ur chamarré, et je suis comme un bateau égaré, et je jette sur toi mon attache, comme pour amarrer mon c½ur au plus beau taquet des docks. Cela prendra le temps qu'il faudra, pour remettre nos c½urs au dehors, mais si je flanque des coups de pieds dans les doutes, si je les démolis un par un c'est sans doute... Sans doute qu'enfin je m'écoute, et que j'entends très fort cette petite voix qui murmure « cette fleur là ne fane pas ». Ne pose pas de question, attrape ton téléphone, donne moi rendez vous, quelque part, n'importe où, bricole moi un été, rejoue moi ta magie.
Le brouillard se lève, j'ai un peu la migraine, comme après ces nuits en filigrane où tu n'oses que la fougue, ces nuits où tu t'endors la tête sur mon sein.
________Reviens.




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# Posté le vendredi 23 octobre 2009 16:15

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 12:18